Cerbère ou chimère

La mythologie grecque est la meilleure. Elle est toujours pleines d’histoires extraordinaires où le petit devient grand. Du héros qui affrontent des monstres dangereux, où l’injustice alterne avec le merveilleux. La semaine écoulée y fait un peu penser. Elle était dorée, emplie de fastes et de paillettes, de douleurs et de révoltes.

Le ballon d’or vient de couronner KB9 et la France du football se réjouit. Comparé à l’année dernière cette nomination semble plus logique même si d’autres joueurs auraient pu être récompensés. Mais comme chaque année, quelques voix dissonantes s’élèvent. Pas sur le titre de l’attaquant madrilène, mais sur l’habitude de sacrer des lauréats offensifs.

Thibaut Courtois s’est fait le porte parole d’un certain ras-le-bol. Alors on aime ou pas le personnage, il faut néanmoins lui reconnaitre le fait qu’il ne manie pas la langue de bois. Sa place de septième lui déplait. Alors il le dit. Avec sa saison on aurait pu le voir plus haut. Ce qui nous intéresse cependant, au-delà de sa réaction, c’est le problème de ce genre de récompense et de cérémonie. Le ballon d’or couronne le meilleur joueur sur une saison et forcément, il fait la part belle aux offensifs. Tout ceci est bien sûr logique du fait de leur influence sur le jeu, de leur exposition (positive) et de leur capacité à faire basculer un match. Un défenseur aura la possibilité de briller mais pèsera moins régulièrement sur les rencontres. Le gardien de but sera lui exposé mais souvent de manière négative et quoi qu’il fasse ses statistiques: buts et passes décisives seront maigres voire inexistantes. Tout semble logique sauf que certaines années nous pensons que des gardiens de buts ou des défenseurs (Buffon, Neuer, Van Dijk) auraient mérités ce titre.

Alors le coup de gueule ou le coup de seum de Thibaut Courtois ne changera rien aux lauréats futurs, c’est certain. L’instauration d’un trophée Yachine est ne nous y trompons pas rien de plus qu’un lot de consolation. Alors même si Yachine risque d’être le seul et à jamais, et même si à Gorukipa nous comprenons que les gosses d’aujourd’hui sont plus fascinés par les doubles contacts, les déboulés et autres reprises de volées, ne dénigrer pas un retour salvateur ou les plongeons désespérés.

Avant dans le s cours de récré, on choisissait les gardiens en dernier, c’était une punition. C’était le poste de celui qui était un peu plus rond. Aujourd’hui il faut un sacré bagage technique, physique et beaucoup de sens tactique pour être le numéro 1. Alors s’il vous plait ne confondez plus cerbère et chimère, à l’avenir