Le divin chauve

Quand on est joueur, amateur d’un sport, on s’identifie à des modèles professionnels. On se fait souvent des idées et on veut souvent ressembler à ce qui est « loin » de nous. Plus jeune, j’ai toujours préféré Bernard Lama à Fabien Barthez.

Plus jeune, on ne voit parfois pas plus loin que le bout de son nez. Il est temps aujourd’hui de faire mon mea culpa. Pour moi, Barthez représentait l’inconscience, le côté procrastinateur du poste. Je suis cool, je ne fais pas d’efforts et j’y arrive. Pardon.

Pardon, parce que plus le geste et la technique paraissent faciles, plus il y a du travail derrière. Pardon surtout car Barthez a porté au sommet une règle majeure: ce sport n’est qu’un jeu. En l’observant j’ai toujours confondu plaisir et dilettantisme. Pardon enfin car « fabulous fab », son surnom en Angleterre montre à tous, qu’il n’est pas forcément nécessaire de faire deux mètres pour devenir le meilleur gardien du monde.

Ce poste est fait d’anticipation et ce que je prenais à l’époque pour de la suffisance, n’était que le professionnalisme d’un joueur investit capable de comprendre et de profiter de l’instant. Fabien Barthez de Lavelanet, c’est l’enfant du rugby qui devient une référence au poste de gardien de but: 87 sélections en équipe de France, une coupe du monde (1998), un Euro (2000), une ligue des champions avec Marseille (1993), deux titres de champion d’Angleterre avec Manchester United. Voilà pour le palmarès.

1m 79 mais de l’explosivité, de la détente, une vision du jeu et un sens du placement. Enfin un jeu au pied qui fait de lui un vrai joueur de champ…Barthez savait y faire.

Dans une interview récente il expliquait, au journaliste qui lui demandait si il connaissait la pression, que le foot n’était qu’un jeu et que si le stress était présent, le plaisir et le le fait de profiter de l’instant emporterait tout. Celui que je jugeais, plus jeune, suffisant ou je m’en foutiste avait juste tout compris en fait. C’est l’apanage des dieux…même chauves.