Monuments en périls

Voilà que se profile l’épilogue de la saison. Pour être tout a fait honnête, cela fait quelque chose. À titre « professionnel » (oui le mot est un peu fort pour un loisir-plaisir mais bon dans l’esprit c’est de cela qu’il s’agit), cela fait une demie saison que nous écrivons régulièrement ces quelques lignes, et nous aimons. La fin de quelque chose amène forcément à se retourner et en même temps à regarder l’avenir. À titre personnel également car, en tant que supporter des verts, je suis un peu fébrile ce soir. En attente d’un miracle (et encore simplement pour espérer les barrages…).

Alors oui, les temps changent, qui aurait pu penser il y a quelques années en arrière que Metz, Saint-Étienne et Bordeaux se disputeraient une place de barragiste en fin de saison, les trois en même temps je veux dire, car ces clubs sont en « crise » et pour certains depuis longtemps. Mais au regard des palmarès cela reste du lourd quand même: Metz possède deux coupes de France et une coupe de la ligue; Saint-Étienne a dix titres de champion de France, six coupes de France, une coupe de la ligue; et enfin Bordeaux qui compte six titres de champion de France, quatre coupes de France et trois coupes de la ligue.

Cela fait quand même 33 titres nationaux au plus haut niveau, pour les trois réunis, mais voilà; un palmarès, une histoire même si c’est une légende ne fait pas le présent. Alors à l’heure du résultat, j’imagine la fébrilité des supporters et…une certaine lassitude devant l’avalanche d’échecs et de désillusions. Même si cela ne reste que du sport, c’est fatiguant.

On peut également avoir une pensée pour les personnes qui travaillent dans ces clubs et qui, pour certains, perdront gros en cas de descente en Ligue 2, leur job simplement. La Ligue 2, pour des clubs comme ceux là, il faudra s’en remettre car au delà des résultats sportifs, certains d’entre eux (Bordeaux et Saint-Étienne) ont quand même de gros périls à affronter. En terme de fuite d’effectif, de problèmes de présidence et de finances.

Le monde change, le paysage du football aussi et il faudra faire avec de nouveaux clubs. Mais lorsqu’on regarde l’affiche des barrages de L2, de vendredi soir: Auxerre – Sochaux, on ne peut s’empêcher d’avoir un parfum de nostalgie qui revient. Metz, Saint-Étienne, Bordeaux, Auxerre et Sochaux, cela rappelle la D1 (la Ligue 1 d’avant pour les plus jeunes) et les belles soirées multiplex d’alors.

Mais bon, il faut vivre avec son temps et sans reprendre les remarques machistes de nos chers footballeurs, car « mettre en avant ses couilles » n’a jamais fait mieux jouer, il va falloir faire face au soleil. Pour l’histoire et l’honneur de son club et celle de son « peuple ». L’heure est venue de sauver nos monuments en périls. Ne soyez pas en retard…